Taxe de séjour et droit de quai à Saint-Barthélemy : guide complet
Taxe de séjour de 5 %, droit de quai sur les marchandises, taxe d'embarquement : ce que paient voyageurs et propriétaires à Saint-Barthélemy, textes officiels à l'appui.
Par Sun Beach House
Sur la facture d'une location de villa à Saint-Barth, une ligne revient à chaque fois : la taxe de séjour, 5 % du prix du séjour. Elle s'applique depuis le 1er janvier 2008, dans la foulée du changement de statut de 2007 qui a fait de l'île une collectivité d'outre-mer dotée de sa propre fiscalité[7][4]. Une autre taxe, bien plus ancienne, n'apparaît sur aucune facture de villa et touche pourtant presque tout ce que l'on achète sur l'île : le droit de quai, institué par un arrêté du maire du 24 mai 1879[3].
Ce guide de la taxe de séjour à Saint-Barthélemy, et du droit de quai qui l'accompagne dans le budget de la Collectivité, s'adresse à deux lecteurs. Le voyageur, d'abord, qui veut comprendre le montant total de sa réservation. Le propriétaire ou le futur acquéreur, ensuite, qui envisage de louer sa villa et doit savoir ce que la Collectivité attend de lui.
Tout ce qui suit s'appuie sur les textes de la Collectivité de Saint-Barthélemy, sur son portail officiel de la taxe de séjour et sur le dernier rapport annuel de l'IEDOM.
Une fiscalité propre à Saint-Barthélemy
Depuis son changement de statut en 2007, la Collectivité de Saint-Barthélemy dispose de l'autonomie fiscale. Elle applique son propre code des contributions, qui remplace le code fiscal national[4]. Ce code a été créé par une délibération du 30 octobre 2007 ; il a encore été révisé par le conseil territorial le 26 septembre 2024[3].
Le 1er janvier 2012, l'île a aussi pris le statut de pays et territoire d'outre-mer (PTOM) vis-à-vis de l'Union européenne. Elle est depuis considérée comme un pays tiers en matière douanière, ce qui lui permet de conserver ses propres droits de quai[4].
L'IEDOM résume la logique de l'ensemble : une fiscalité conçue autour d'un modèle économique fondé sur l'afflux de touristes et d'investisseurs extérieurs, avec notamment l'absence d'impôt sur le revenu pour les résidents fiscaux[4]. Les règles qui concernent les acquéreurs sont détaillées dans notre article sur le statut fiscal de Saint-Barthélemy.
Trois recettes dominent le budget de la Collectivité. En 2024, elles représentaient[4] :
| Recette | Part des impôts et taxes collectés en 2024 |
|---|---|
| Taxe de publicité foncière et droits d'enregistrement | 38,5 % |
| Droit de quai | 22,8 % |
| Taxe de séjour | 14,9 % |
La taxe de séjour à Saint-Barthélemy : taux, assiette, exonérations
Un taux unique de 5 %
La Collectivité a institué une taxe de séjour « au réel » sur l'ensemble de son territoire[2]. Son tarif est de 5 % du prix réel du séjour, c'est-à-dire du prix hors prestations annexes, notamment de restauration, quels que soient le nombre de personnes hébergées, la nature et la catégorie de l'hébergement[1]. Ce n'est donc pas un forfait par personne et par nuit : une villa de six chambres et un studio sont taxés selon le même pourcentage.
Le taux est identique que le séjour soit vendu en euros ou en dollars[1].
Qui la paie, qui en est exonéré
L'article 123 du code des contributions vise les personnes hébergées à titre onéreux qui séjournent sur le territoire de la Collectivité. Deux catégories sont exonérées[1][2] :
- les locataires titulaires d'un contrat de travail saisonnier et employés sur l'île ;
- les personnes titulaires d'un contrat de location d'une durée supérieure à six mois.
Tous les hébergements sont concernés dès lors que le séjour est payant, que le loueur soit professionnel ou non[2].
Quand elle est perçue
La taxe est perçue au tarif en vigueur au moment du séjour, et non à la date de réservation ou de paiement du loyer. Elle doit être encaissée avant le départ des hôtes, même si le paiement du loyer est différé[2]. Elle apparaît sur la facture, distinctement du prix de l'hébergement[2].
Exemple de calcul
Le guide officiel de la Collectivité prend l'exemple d'un séjour de 756 € hors prestations annexes : la taxe s'élève à 756 × 5 / 100, soit 37,80 €. Le même calcul s'applique à un séjour facturé 756 USD, soit 37,80 USD de taxe[1].
À titre d'illustration arithmétique (montant fictif), une location facturée 20 000 USD la semaine hors prestations annexes donnerait lieu à 1 000 USD de taxe de séjour.
Sur une réservation Sun Beach House
Nos tarifs sont indiqués par semaine, en dollars américains. Ils n'incluent ni la taxe de séjour de 5 % ni les frais de service de 10 %, sauf mention contraire. La taxe est collectée pour le compte de la Collectivité et payable à l'arrivée[8]. Le détail figure dans nos conditions générales de réservation, et chaque fiche de notre sélection de villas à la location affiche le tarif hebdomadaire hors taxe.
Ce que rapporte la taxe de séjour
Selon l'IEDOM, la taxe de séjour a dépassé 15,8 millions d'euros en 2024, en léger recul (-0,5 %) après le record de 2023. Les hôtels y ont contribué à hauteur de 57,5 %, soit environ 9,1 millions d'euros, et les locations de villas pour les 42,5 % restants[4]. Les chiffres présentés aux élus lors du débat d'orientation budgétaire de février 2025 faisaient état de 15,3 millions d'euros pour 2024[6] : selon la source, l'ordre de grandeur reste d'environ 15 millions d'euros par an.
Cette recette suit la fréquentation. Le Journal de Saint-Barth relève 312 793 visiteurs en 2024, en hausse de 6,8 % sur un an, et 203 592 voyageurs passés par l'aéroport[5]. À l'inverse, en 2018, l'année qui a suivi le passage d'Irma, la Collectivité n'a perçu que 2,5 millions d'euros, contre 7,5 millions par an en moyenne entre 2015 et 2017[4].
Depuis 2010, la taxe de séjour représente en moyenne environ 10 % des recettes fiscales de la Collectivité[4].
Le droit de quai : une taxe sur les marchandises, pas sur les passagers
Le nom prête à confusion : à Saint-Barthélemy, le droit de quai ne vise pas les voyageurs qui débarquent, mais les marchandises qui entrent sur l'île.
Les taux
L'article 13 du code des contributions fixe le droit de quai à[3][4] :
| Marchandises importées par mer ou par air | Taux (ad valorem) |
|---|---|
| Marchandises et biens en général | 5 % |
| Véhicules terrestres à moteur | 8 % |
| Véhicules de transport de marchandises de plus de 14 tonnes | 30 % |
La base est la valeur en douane, soit le prix effectivement payé pour les marchandises, auquel s'ajoutent notamment les frais de chargement et de manutention liés au transport[3]. Le code prévoit aussi un régime permettant, sur autorisation, d'introduire en exonération totale ou partielle des marchandises destinées à être réexportées sans modification[3].
Ce qu'il rapporte
En 2024, les droits de quai ont atteint 23,3 millions d'euros, en baisse de 4,9 % sur un an, mais 27,9 % au-dessus de leur niveau de 2019. La même année, 1 020 cargos ont fait escale au port de commerce de Gustavia[4]. Le Journal de Saint-Barth rapporte le même recul, de 24,5 à 23,3 millions d'euros[6].
Ce que cela change pour vous
Pour le voyageur, le droit de quai est invisible : il est déjà intégré dans le prix des produits vendus sur l'île. Pour le propriétaire qui meuble, équipe ou rénove une villa, il devient un poste de budget à part entière : le mobilier, les matériaux ou le véhicule importés sont soumis aux taux ci-dessus. C'est un point à intégrer dès le projet d'acquisition, que nous abordons dans notre guide pour acheter une villa à Saint-Barthélemy.
Ce que paient les passagers : la taxe d'embarquement
La taxe qui concerne réellement les passagers est la taxe d'embarquement, rangée parmi les taxes portuaires et aéroportuaires du code des contributions. Selon l'IEDOM, tout passager de plus de deux ans, hors évacuation sanitaire, s'en acquitte à hauteur de 5 € pour tout voyage entrepris au départ de l'île, par la mer comme par les airs[4].
Les autres taxes portuaires et aéroportuaires visent les navires et les avions eux-mêmes : droit de port des navires de commerce, paquebots et ferries, taxe de mouillage, taxes liées aux mouvements et au stationnement des aéronefs[3][4]. Elles portent sur les engins eux-mêmes, et non sur chaque passager.
Propriétaires : louer sa villa en meublé de tourisme
Si vous possédez une villa et souhaitez la proposer à la location saisonnière, la Collectivité impose plusieurs obligations.
La déclaration préalable
Toute personne qui propose un meublé de tourisme (villa, appartement, studio) ou une chambre d'hôtes à une clientèle de passage doit d'abord le déclarer à la Collectivité, par téléservice ou auprès de la régie de la taxe de séjour. Un numéro d'enregistrement à 13 chiffres lui est alors attribué, et les plateformes de location en ligne sont tenues de l'exiger avant de publier une annonce[1][2].
La déclaration indique l'identité du déclarant (ou son numéro SIRET pour une société), l'adresse du bien et son statut, la nature de l'hébergement, le nombre de pièces et de lits. Tout changement impose une nouvelle déclaration[2].
Le défaut de déclaration préalable est passible d'une amende administrative, qui peut être prononcée autant de fois qu'il y a de logements concernés[3].
Collecter, déclarer, reverser
Le calendrier est mensuel[2] :
- L'hébergeur renseigne sur la plateforme chaque séjour : dates, prix et nombre de personnes à titre indicatif.
- Il valide son registre avant le 15 du mois suivant ; un mois sans location donne lieu à une déclaration à zéro.
- Il reverse la taxe au plus tard le dernier jour du mois suivant le séjour : par exemple avant le 31 janvier pour les taxes collectées en décembre.
La déclaration peut être faite en euros ou en dollars, mais le reversement se fait toujours en euros, après application du taux de chancellerie en vigueur[1][3]. Le règlement est possible par chèque à l'ordre du Trésor public, par virement ou en ligne[2].
Lorsque la location passe par une plateforme en ligne, celle-ci peut collecter la taxe ; l'hébergeur et le collecteur restent solidaires pour la déclaration et le paiement[2].
Questions fréquentes
Quel est le montant de la taxe de séjour à Saint-Barthélemy ? 5 % du prix réel du séjour, hors prestations annexes comme la restauration, quel que soit le nombre de personnes ou le type d'hébergement[1].
La taxe de séjour est-elle incluse dans le prix des villas ? Chez Sun Beach House, non : nos tarifs hebdomadaires en dollars s'entendent hors taxe de séjour (5 %) et hors frais de service (10 %), sauf mention contraire[8].
Le droit de quai concerne-t-il les voyageurs ? Pas directement. Il s'applique aux marchandises importées sur l'île[3]. Les passagers paient en revanche une taxe d'embarquement de 5 € au départ, selon l'IEDOM[4].
Qui est exonéré de la taxe de séjour ? Les salariés titulaires d'un contrat de travail saisonnier sur l'île et les locataires dont le bail dépasse six mois[1].
Un propriétaire doit-il déclarer un mois sans location ? Oui. Le portail officiel impose une déclaration à zéro pour chaque mois sans séjour[2].
Notre recommandation
Pour un séjour, retenez une règle simple : au tarif hebdomadaire d'une villa s'ajoutent 5 % de taxe de séjour, reversés à la Collectivité, et, chez Sun Beach House, 10 % de frais de service. Demandez toujours un devis qui fait apparaître ces deux lignes avant de confirmer. Pour un projet d'achat, le droit de quai et les obligations de déclaration méritent d'être chiffrés en amont, au même titre que les droits d'enregistrement. Parcourez nos villas à vendre à Saint-Barthélemy, ou contactez notre équipe pour recevoir le devis détaillé d'un séjour.
- Collectivité de Saint-Barthélemy — « Guide accueil à destination des hébergements touristiques » (édition juin 2019) — https://comstbarth.taxesejour.fr/portail/document/2444864/download — consulté le 26/10/2026 ↩
- Collectivité de Saint-Barthélemy — « Plateforme d'information, de déclaration et de paiement des taxes de séjour » — https://comstbarth.taxesejour.fr/ — consulté le 26/10/2026 ↩
- Collectivité de Saint-Barthélemy — « Code des contributions de Saint-Barthélemy », annexe à la délibération n° 2024-038 CT du 26/09/2024 — https://actes.eservices-comstbarth.fr/PJ/Deliberation%20CT/Deliberation%20CT_2024/2024_038ct_annexe.pdf — publié le 30/09/2024 — consulté le 26/10/2026 ↩
- IEDOM — « Rapport annuel économique 2024 – Saint-Barthélemy » (édition 2025) — https://www.iedom.fr/IMG/pdf/ra_iedom_2024_ed._2025_-_saint-barthelemy.pdf — publié en septembre 2025 — consulté le 26/10/2026 ↩
- Le Journal de Saint-Barth — « L'activité touristique bat de nouveaux records en 2024 », Jeanne Toutain — https://www.journaldesaintbarth.com/fr/actualites/economie-entreprise/lactivite-touristique-bat-de-nouveaux-records-en-2024-202511061549.html — publié le 08/11/2025 — consulté le 26/10/2026 ↩
- Le Journal de Saint-Barth — « Les élus se réunissent pour débattre des orientations budgétaires » — https://www.journaldesaintbarth.com/fr/actualites/conseil-territorial/les-elus-se-reunissent-pour-debattre-des-orientations-budgetaires-202502271442.html — publié le 27/02/2025 — consulté le 26/10/2026 ↩
- TourMaG — « Saint-Barth : nouvelle taxe de séjour de 5 % » — https://www.tourmag.com/notes/Saint-Barth-nouvelle-taxe-de-sejour-de-5_b787303.html — publié le 30/11/2007 — consulté le 26/10/2026 ↩
- Sun Beach House — « Conditions générales de réservation » — https://www.sun-beach-house.com/fr/conditions-generales — consulté le 26/10/2026 ↩